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EAC prison.Novembre et décembre 2020

mardi 29 décembre 2020, par Isabelle Thibaudet

Un travail sur la prison panoptique d’Autun a été mené avec les élèves de la classe Sciences et patrimoine, encadrés par Théophile Lavault ( chercheur, philosophe), Juliette Lavault (architecte) et Coline Parizot ( photographe).

Au cours de 6 séances, en demi-groupes en novembre et décembre, différentes activités ont été proposées aux élèves :

I. Un travail de réflexion au niveau de l’architecture de la prison :

Jérémy Bentham, philosophe de la fin XVIII e siècle avait imaginé une prison panoptique : Si l’homme se sent surveillé, il sera meilleur.

Le modèle de Bentham est celui défendu par l’architecte Berthier 70 ans plus tard quand il fait les plans de la prison panoptique d’Autun.
Celle-ci a été finalisée en 1855 et a été exploitée pendant un siècle.
Michel Foucault, philosophe français a écrit un livre en 1975 "Surveiller et punir" dans lequel il consacre un chapitre au panoptisme.

II. Un travail autour des archives de la prison :

Théophile présenta , après une discussion autour de la définition de ce qu’est une archive ou un fonds d’archives, différentes archives de la prison panoptique.
Une archive est une trace enregistrée du passé.
Les archives de la prison d’Autun sont conservées aux Archives départementales de Saône et Loire situées à Mâcon, bâtiment sans fenêtre car les documents doivent être conservés à l’abri de lumière. Plusieurs documents ont été présentés aux élèves :

  • Le plan de la première prison datant de 1840. Les archives architecturales permettent de se rendre compte de ce qui ne se voit pas à l’œil nu.
  • Une photo de la prison circulaire datant de 1876.Au premier plan, on voit la maison du gardien. En 1876, l’architecte Giroud essaie de rénover la prison. Il veut notamment séparer les hommes et les femmes.

Sur le plan du premier étage, on voit la tour centrale faite en ferraille (elle a disparu car a été vendue par le dernier propriétaire). Elle est appelée « chapelle ». Elle obstrue la vue des autres cellules. Une fois par semaine, il y avait une messe le dimanche à la prison. Les messes ne se passaient pas toujours dans de bonnes conditions car les prisonniers ne reconnaissaient pas nécessairement l’autorité du prêtre.

Au rez-de chaussée, il apparait « Salle des avocats » : il s’agissait d’une salle où les détenus pouvaient avoir une discussion avec leurs avocats. La prison résonnait donc il devait y avoir peu de confidentialité des propos tenus.

Pour finir Théophile a présenté d’autres archives comme des registres d’écrou tenus par le greffier de la prison. Le greffier prend tous les renseignements sur le prisonnier :
- son nom, prénom
- sa date de naissance
- son adresse
- sa profession
- s’il est marié ou célibataire
- son degré d’instruction « LE » signifiait sait lire et écrire -sa religion.
- sa description corporelle (taille, longueur, largeur de tête, mesures du visage, présence de cicatrices etc.)
- sa race (cette catégorie qui apparaît à partir des années 1940 sur les registres ne semblent n’avoir jamais été renseignées par les gardiens)
- ses vêtements quand le prisonnier est rentré dans la prison. Les raisons d’enfermement étaient multiples. Deux documents ont été présentés aux élèves :

  • pour vagabondage
  • pour actes de résistance qualifiées alors d’activités terroristes.

III. Un travail de photographie :

Coline Parizot a présenté différentes citations de Foucault :

A partir de ces 3 citations, les élèves ont pris des photos à l’intérieur ou à proximité du lycée.
62 photos ont été retenues.
Certaines seront exposées dans la prison au printemps.

IV. Un travail d’arts plastiques : Combing painting avec Juliette Lavault

Les élèves par groupe de 4 ont décoré un coté de porte autour du thème de la prison, portes qui viendront rejoindre les photos exposées dans la prison au printemps.

Un travail avec Rémi Follis , professeur d’arts plastiques a également été mené au mois d’octobre.Les élèves de la classe ont imaginé leur prison :

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