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Ateliers arts plastiques de la classe patrimoine

vendredi 13 mai 2016

Patrimoine et arts sont liés de manière très profonde, tout ce qui est art n’est pas patrimoine et l’inversement, mais bon nombre de domaines concernant le patrimoine sont liés à l’art. L’enseignement des arts plastiques au lycée s’appuie plutôt sur l’art aujourd’hui « contemporain » et toutes les pratiques qui s’y réfèrent. L’art contemporain n’est pas en dehors de ce patrimoine, il se construit avec, il s’en inspire, il puise dans l’histoire de l’art.


Le patrimoine pour l’artiste est une matière première comme le marbre ou le pigment qu’il malaxe, triture, modèle, sculpte, observe, scrute.
La connaissance du patrimoine c’est aussi la connaissance des techniques des artistes encore pratiquées aujourd’hui : la fresque, la taille directe, l’aquatinte, l’eau forte autant de techniques que l’artiste ou l’historien d’arts doit connaitre.
L’apprentissage en arts plastiques se fait bien souvent par la pratique, c’est pour cela que ces ateliers ont été mis en place. Prétextes à être en contact avec la matière, à retrouver les sensations éprouvées en cours d’arts plastiques au collège, à pouvoir exercer ses compétences créatives, ces ateliers sont néanmoins des moments où l’on observe, comprend des cheminements, pratique des techniques et ainsi augmente son vocabulaire spécifique, ses connaissances en histoire de l’art.

Atelier 1 : Classe seconde patrimoine
La trace est une préoccupation commune entre arts et patrimoine. Elle est pour les arts la marque de l’artiste, le moyen d’expression, la possibilité de diffuser. Elle est pour le patrimoine le moyen de remonter le temps et de comprendre le passé.
La question posée en arts plastiques est la qualité plastique de ces traces et en particulier celles de l’écriture, élément indispensable à l’historien.
Comment crée-t-on ces signes qui deviendront une écriture ?
Après avoir observé les différentes pistes que la technique de l’écriture a pris au cours de l’histoire, pictogramme, hiéroglyphe, idéogramme, écriture cunéiforme, phonogramme……, les élèves ont créé leur propre écriture avec la possibilité de mélanger les différentes techniques, représentant un objet par un pictogramme et une idée par une suite de phonogrammes.

Avec cette écriture, ils ont écrit une phrase au choix puis ont reproduit cette phrase sur un support en argile dont ils pouvaient changer la forme, ajouter des éléments, travailler en creux ou en relief.
Cet exercice a permis d’aborder l’histoire de l’écriture, point de départ de l’histoire, de voir les différents chemins parcourus pour un résultat similaire mais aussi les autres pistes que l’histoire n’a pas explorées ou abandonnées et dont le plasticien peut s’emparer.
Le travail sur le matériau argile a permis aussi de s’apercevoir de la difficulté à représenter sur un tel support en particulier les courbes, ce qui aide à comprendre la forme particulière de l’écriture cunéiforme composée essentiellement de signes droits.

Atelier 2 - Axé sur la technique
Ce second atelier se voulait purement technique.
Les arts plastiques sont entre l’intellectuel et le manuel, la pensée et la main. Le peintre au moyen-âge était considéré comme un artisan au même rang que le charpentier, le maçon. C’est à la renaissance que son statut change et rejoint celui des artistes : poètes, musiciens
Les techniques sont restées des outils indispensables à l’artiste pour exprimer ses émotions.
La peinture à la fresque est une technique qui se pratique depuis l’antiquité. On la retrouve non seulement dans les ruines antiques telles que Pompéi mais aussi, dans les églises et cathédrales de toute l’Europe.
Pour qu’une peinture puisse s’appliquer et durer dans le temps il faut trois éléments : le pigment qui crée la couleur, le diluant qui permet d’appliquer le pigment et le liant qui fixe la couleur.
La technique de la fresque est l’application directement sur un support enduit fraîchement à la chaux de pigments dilués avec de l’eau. La pénétration du pigment dans la chaux encore humide puis le durcissement de la chaux par oxydation avec l’air permet une fixation des couleurs très résistante.

« fresque des dauphins -1500 Cnossos »

Sur des supports de chaux fraîchement moulés les élèves, soit en proposant leurs propres motifs soit en puisant dans la reproduction de motifs tirés de fresques antiques, ont peint à la fresque avec des pigments.
Cet atelier a permis aux élèves de bien intégrer la technique de la fresque, d’en comprendre ses qualités et ses contraintes et ainsi de pouvoir identifier cette technique lors des visites.

Atelier 3 - La question de la classe patrimoine portait sur le paysage.
Le paysage en arts plastiques fait partie des préoccupations historiques.
D’abord totalement ignoré en peinture au moyen-âge, les personnages « flottaient » dans un environnement doré.
Puis le paysage devient un support symbolique qui entoure les personnages : une grotte représente le secret, un arbre en fleur la fécondité…….
Au début de la renaissance les peintres flamands utilisent le paysage comme marque d’érudition picturale en représentant des scènes lointaines le plus précisément possible.

Au XVII ème siècle le paysage se développe en mettant en scène des personnages dans des paysages grandioses exprimant ainsi l’infinité du monde et la force de la nature.

A la fin du XIX ème les peintres cherchant plus de réalisme vont peintre directement dans la nature pour être au plus près du paysage.
Les peintres fauves transforment les couleurs du paysage, Cézanne puis les cubistes le géométrisent, les surréalistes le réinventent totalement pour créer des paysages de rêve.
A la fin du XXème siècle désirant sortir du musée, des galeries et du réseau commercial de l’art, des artistes envahissent le paysage pour y intervenir directement. Les artistes du mouvement appelé « land art » (art du paysage) changent les reliefs, créent des nouvelles formes, essayent de dompter les éléments ou utilisent les matériaux que le paysage met à leur disposition pour réaliser leurs œuvres.
Pour comprendre ce qui compose un paysage, les élèves avaient le choix de différents matériaux pouvant être utilisés de façon littérale ou symbolique.
L’objectif était tout d’abord de créer un échantillonnage des différents éléments importants pour la représentation d’un paysage puis en utilisant ces éléments, composer par collage mais aussi avec de l’encre, de la peinture, du dessin, un paysage réel ou imaginaire.

Rémi Follis - Professeur d’Arts Plastiques - Lycée Bonaparte Autun