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Bilan 2013 - 2014

lundi 24 août 2015, par Jean-Luc Pernette, Thierry Mourot

Au lycée Follereau, ce sont vingt-sept élèves volontaires qui participent à ce dispositif. La parité, tout d’abord, est quasiment atteinte : treize filles, quatorze garçons. Ensuite, la diversité des parcours s’illustre par la variété des enseignements d’exploration choisis par ces élèves qui proviennent de quatre classes de Seconde différentes. Dans l’ensemble, le thème de la robotique leur est peu familier et le tiers de la classe n’a jamais eu l’occasion de le découvrir en collège, malgré l’importance du suivi des dispositifs robotiques dans la Nièvre.

D’octobre à début juin, ces élèves bénéficient d’une heure hebdomadaire pour atteindre leur objectif : réaliser une chorégraphie de robots capables de se mouvoir en fonction des données fournies par leurs capteurs. D’autres séances sont également programmées dans le cadre de l’accompagnement personnalisé. Encadrés par Maud Martel, professeur de mathématiques au lycée Jules Renard, et Thierry Mourot, professeur de physique-chimie au lycée Follereau, les lycéens sont répartis en équipes de trois à six élèves. Au total, le groupe dispose de trois robots NXT et de trois robots EV3 achetés grâce aux subventions du Conseil Régional de Bourgogne et sur les fonds propres du lycée.
découvertes culturelles en partenariats
La poursuite du projet s’accompagne d’un vaste programme de découvertes culturelles qui met à profit de nombreuses ressources institutionnelles et culturelles, notamment dans la domaine de la recherche et de l’enseignement universitaire.
Ce cycle, aligné sur le calendrier annuel des événements scientifiques, commence dès octobre 2013. Lors de la Fête de la Science, les élèves ont participé à un atelier de robotique où ils se sont initiés aux rudiments de programmation du robot Lego EV3. Ils ont également pu assister à une démonstration du robot NAO et du robot Poppy grâce à la venue de deux chercheurs en robotique de l’INRIA, qui se sont déplacés spécialement – et gratuitement – de Bordeaux pour l’occasion. Une convention de partenariat sera d’ailleurs signée ultérieurement avec ce prestigieux organisme, qui relate les travaux de cette classe et d’autres établissements sur le site « Dessine- moi un robot ».
De janvier à mars, la classe a eu l’occasion de prendre part aux phases de qualification du concours CGénial Lycée. Dans le cadre de la Semaine des mathématiques, les élèves ont suivi une conférence de Véronique Chauveau sur le thème « Les filles et les sciences ». Ils ont également eu le privilège de suivre la conférence sur la robotique de Gilles Dowek, chercheur à l’INRIA, sur le thème : « Comment sortir d’un labyrinthe »
La semaine suivante, la classe s’est rendue au salon international de robotique à Lyon, INNOROBOT. Cette fois, c’est toute l’équipe de l’INRIA qui a expliqué, dans des conditions privilégiées, toutes les recherches menée par cet institut de recherche.
Quelque temps plus tard, les élèves se sont rendus à l’IUT du Creusot et au laboratoire de recherche LE2I afin de découvrir à la fois les filières d’étude en science et les travaux réalisés par les étudiants anglophones en master II sur des drones. La classe a participé à un défi de robots dont le but était... de sortir d’un labyrinthe !
Enfin, ce cycle s’est achevé par la découverte d’une école d’ingénieur, l’ISAT de Nevers, avec tous les projets des étudiants. L’ensemble de ce programme et de ces activités a par ailleurs été suivi par une journaliste du Journal du Centre qui est venue régulièrement pour rendre compte de l’évolution du projet.
des compétences en évolution
Au début de l’année, les élèves manquaient d’autonomie, faute de compétences spécifiques suffisamment développées. « Quand on a donné aux élèves les notices de construction de robot, le temps de montage a été extrêmement long », se rappelle Thierry Mourot. Après être venus à bout de cette première étape, les élèves ont chois les mouvements de leur robot de façon complètement libre. Il a ensuite fallu maîtriser le logiciel de programmation LME, puis affiner la programmation des robots pour qu’il y ait une cohérence dans leur chorégraphie autant individuelle que collective.
Au fil du temps, les enseignants ont pu observer l’évolution des comportements face aux activités. D’abord, le groupe s’est montré plus autonome dans la gestion de son projet, malgré des mises au point régulières. Les élèves ont également été plus investis : « Les élèves nous ont régulièrement demandé à pouvoir poursuivre leur « travail », en dehors des créneaux prévus et en notre absence, ce qui est assez rare en lycée ! » poursuit l’enseignant. A la fin de l’année, l’ensemble des lycéens a gagné en réactivité et en efficacité : quand on leur demande de modifier leurs programmes pour réaliser tel ou tel mouvement, ils sont pour la plupart capables de le faire dans les minutes qui suivent.
Ce qui a sans doute compté dans ces progrès et ce changement de perception par rapport au travail, c’est l’échéance de la restitution finale, qui s’est transformée en un véritable « spectacle de robotique ». Le fait de devoir gérer les ambiances musicales, les effets lumineux, les effets « design », la présentation du spectacle, renforce le travail
d’équipe et rend nécessaire une répartition des rôles et des responsabilités. Fait notoire, les filles se révèlent d’ailleurs d’excellentes coordonnatrices. « Ca les a transformé(e)s », conclut Thierry Mourot.
orientation : un bilan encourageant
Sur l’ensemble de la classe, sept élèves s’orientent en 1e S, trois en STL et trois en STI2D. Parmi eux, quatre élèves se sont tournés vers une filière scientifique alors que ce n’était pas leur choix initial, soit une augmentation de 15% alors qu’aucun « tri » n’a été effectué pour le recrutement des élèves dans cette classe.
Ce pourcentage aurait pu atteindre 30 % si quatre autres filles, également tentées par cette filière, avaient pris davantage confiance en elles et si leurs résultats en mathématiques en particulier avaient été plus élevés. En outre, à cause d’un investissement moindre, six élèves de cette classe ont dû renoncer au passage en première scientifique.
Ce bilan ouvre donc des perspectives de réflexion sur le travail de mise en confiance des élèves au-delà de la classe CSTI, dans le cadre des cours, de mathématiques en particulier, et de l’accompagnement personnalisé. Il s’agit en effet d’approfondir ou d’apporter le soutien nécessaire dans les matières scientifiques afin que les décisions d’orientation s’effectuent sur la base du potentiel maximal de ces élèves.
En ce qui concerne plus spécifiquement l’orientation des filles, Thierry Mourot a eu l’idée de réaliser un reportage vidéo intitulé Les filles et les sciences . Réalisé avec l’association FETE et l’ISAT de Nevers, ce film est constitué de témoignages de lycéennes et d’étudiantes en écoles d’ingénieurs, ainsi que de professeurs de l’ISAT et du lycée Raoul Follereau. Il s’agit de prouver que par une mise en confiance et par un regard plus raisonné par rapport aux résultats en mathématiques, il est tout à fait possible pour les filles d’avoir des ambitions post-bac dans le domaine des sciences et du numérique. Ce reportage sera diffusé avant la fin du mois de juin sur le site web du lycée et sur celui de l’ISAT.
contacts
enseignants porteurs du projet :

Maud Martel, professeur de mathématiques au lycée Jules Renard Maud.Martel@ac-dijon.fr Thierry Mourot, professeur de physique-chimie Thierry-Mi.Mourot@ac-dijon.fr
inspecteur chargé du suivi de la classe CSTI :
Alain Dupuis, IA-IPR de STI alain.dupuis@ac-dijon.fr