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EAC Prison panoptique.Séance N°2.6 novembre 2020

mercredi 11 novembre 2020, par Isabelle Thibaudet

Les élèves de la classe Sciences et patrimoine mettent en œuvre depuis fin octobre un travail sur la prison panoptique d’Autun dans le cadre d’une EAC menée par :
- Irène Verpiot( service du patrimoine d’Autun)
- Juliette Lavault ( architecte),
- Théophile Lavault (chercheur, philosophe) et
Coline Parizot ( photographe).
L’ensemble du projet est financé par la DRAC Dijon.

Rappel des objectifs du projet EAC :
- Etudier un bâtiment.
- Comprendre la vie des prisonniers à travers les traces, les graffitis de différentes époques.
- Etudier les documents conservés aux archives : ex : les punitions suites aux dégradations diverses ou aux manquements au règlement (danser en sabots, chanter, communiquer avec une détenue...).
- Faire une restitution de ce travail.

Le début de la séance a commencé par un échange avec Théophile Lavault (chercheur, docteur en philosophie) sur ce que les élèves ont retenu de la visite de la prison et des cachots sous le palais de justice réalisée le 16 octobre dernier.
Il s’en est suivi une réflexion sur la punition au cours des siècles (pourquoi, comment), l’enfermement, ses raisons et ses objectifs.

 Déroulé de la première heure :
Rappel de ce qui a été vu la dernière fois (bonne mémoire des élèves), du ressenti etc…

*La prison post-révolutionnaire est constituée de 2 cachots, d’une cour, une chapelle et présente une capacité de 80 prisonniers mélangés, homme, femme.
*La prison panoptique est circulaire avec un modèle cellulaire avec cellule d’isolement.

Les prisonniers n’ont pas de contact avec les autres mais très vite il y a eu un surpeuplement rapide et on est revenu à la situation du cachot.
Le terme « panoptique » fait penser à « panorama » càd à un ensemble des choses vues à 360°.
Les cellules ont une forme en éventail avec un gardien au milieu. : Ce n’est plus le gardien qui surveille mais on passe à un modèle d’auto-surveillance (on se sait, on se sent surveillé). On peut comparer ce système à de la vidéosurveillance (souvent les caméras ne fonctionnent pas mais on ne le sait pas et c’est ce qui change notre comportement).

Cette prison avait deux particularités :
-La chaufferie : une prison modèle de confort (chauffage central). Mais attention, il y a un écart entre la théorie, ce qu’on croit et la réalité. Dès 1910, des rapports de la commission de surveillance que la chaudière ne fonctionne plus. Tout comme les toilettes qui sont rapidement bouchées.

- Les espaces de promenade : Les préaux ne seront presque pas utilisés car trop dangereux (on peut s’évader en passant par-dessus le mur, le couloir d’accès est un vrai coupe gorge et il y a des infiltrations, ). On va rapidement utiliser la cour située entre le palais de justice et la prison comme cour de promenade et d’ateliers (sabots à sangler et cannes en bois de parapluies Neyrat).

Aujourd’hui, les prisons actuelles sont au milieu de nulle part en campagne. La prison d’Autun était en plein centre-ville.
Ensuite, ont été abordées les notions de bien de mal, de morale, de non-respect du droit :
Aujourd’hui et depuis la Révolution, on va en prison quand on n’a pas respecté le code pénal : punition, redressement, privation de liberté d’aller et venir, rééducation.
- Avant la Révolution, les cachots sont des lieux de dépôts (l’enfermement n’est pas la peine, mais le supplice).
-Après la Révolution, il n’y a pas de bien ou de mal ou de morale chrétienne qui envoie en prison : on va en prison quand on n’a pas respecté le code pénal.
On peut tuer ou être martyrisé en marquant le corps de l’empreinte de la peine (fer rouge pour les bagnards, main coupée pour les voleurs). On prive de liberté, on surveille pour punir (ex : les peines de relégation, de déportation ou le bagne au 19e).

Il y a toujours une incohérence entre la réhabilitation et la réinsertion à la vie sociale en privant les gens de lien social !
Le philosophe Michel Foucault va s’intéresser à cela (depuis l’institutionnalisation de la prison au 19e).
Il faut noter aussi que les lieux d’enfermement existent depuis le 17e (pour les malades, les indigents, les prostituées, les enfants abandonnés) qu’on appelle des asiles ou des hôpitaux.
Le pouvoir disciplinaire apparait dans les conseils de disciplines ou les règlements intérieurs que ce soit dans les prisons mais aussi les écoles, les lycées, les entreprises… pas avec le même durcissement bien entendu.

C’est ainsi que M.Foucault compare différentes institutions :
- Ecole.
- Prison.
- Caserne.
Les règles, la discipline, les dispositions dans l’ensemble, les contacts entre les personnes…
Ces trois lieux sont conçus pour se normaliser en contraignant les corps afin de produire du travail ou de la connaissance.

 Déroulé de la deuxième heure :
A 2 groupes en alternance, ont été présentées :
- les techniques photographiques avec Coline Parizot (lumière, vitesse), prise en main des appareils. Coline avait apporté des clichés de photographes célèbres.
- la scénographie, comment mettre en scène des photos avec Juliette Lavault, architecte. Explication sur les portes utilisées, le combing painting…

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