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2015-2016 : Projet Paysage

mardi 20 octobre 2015, par Jean-Luc Pernette

Un regard nouveau sur le patrimoine local, pour faire entrer le tourisme dans une ère numérique et accessible. Un projet historique et résolument tourné vers l’avenir et les nouvelles technologies. Les élèves de la classe de 2nde science et patrimoine du lycée Bonaparte vont travailler en partenariat avec les services du patrimoine pour effectuer une lecture des richesses locales.

Projet paysage
Classe de culture scientifique 2015 2016 – Lycée Bonaparte - Autun

Le développement des sociétés contemporaines suscite des interrogations sur les cadres de vie, l’environnement, les patrimoines...
Le paysage constitue aujourd’hui un thème commun, un référent qui permet de synthétiser, de concrétiser ces questionnements. De nouvelles questions sont en effet désormais posées au paysage, qui fait l’objet de débats, aux enjeux considérables, aussi bien du point de vue théorique que du point de vue pratique.
Pendant longtemps, effectivement, on avait pu se satisfaire d’une définition qui faisait du paysage un panorama naturel, généralement découvert depuis une hauteur, permettant au spectateur d’obtenir une sorte de maîtrise visuelle sur le territoire. Cette conception pittoresque est aujourd’hui mise en crise aussi bien sur le plan des représentations et des perceptions que sur celui des réalités et des projets. La relation entretenue avec les paysages est devenue plus complexe. Les paysages ne sont plus envisagés uniquement dans une vision esthétique, mais les domaines politiques, économiques, juridiques, sociaux et scientifiques s’imposent de plus en plus, dans une dynamique qui implique un aménagement du territoire où les citoyens sont appelés à participer -ou non – à la gouvernance locale.

Quelles significations et quelles valeurs un paysage peut-il aujourd’hui proposer ?

Notre projet interdisciplinaire, loin d’être prescriptif d’une orientation définie veut envisager ces différents aspects en donnant des outils de lecture à nos élèves.
La réalité matérielle, concrète de ces derniers n’est pas totalement absente mais constitue un arrière-plan impensé du quotidien. Les mots manquent souvent pour décrire la réalité géographique, l’agencement des formes, leurs rapports spatiaux apparents ou tombent dans le ressenti essentiellement un jugement de valeur sur la beauté ou la laideur supposée d’un site.
Le paysage n’a pas seulement une inscription spatiale mais également temporelle. Le paysage est la trace visible et le résultat des occupations successives par les hommes d’un territoire. Le paysage est histoire. Véritable palimpseste – à qui veut l’observer- du temps vécu au quotidien des travaux agricoles ; du temps long de l’histoire qui s’inscrit la trame séculaire des saisons ; du temps vertigineux enfin des modelés géologiques. Le géohistorien J.R Pitte définit le paysage comme « l’expression observable par les sens, à la surface de la terre de la combinaison entre la nature, les techniques et la culture des hommes. Il est essentiellement changeant et ne peut être appréhendé que dans sa dynamique, c’est à dire l’histoire »
La notion implique aussi une perspective culturelle avec ses filtres de perception et d’interprétation. L’analyse paysagère ne peut être étudié séparément des conceptions véhiculées par l’observateur eux-mêmes guidés par tout un ensemble de données culturelles. Le paysage fait corps avec l’homme en société qui lui confère une valeur affective, voire même des valeurs esthétiques. Ressenti, le paysage prend donc des valeurs très différentes selon la personne qui le perçoit. Cette dimension plus subjective a toute son importance, c’est elle qui définira aussi « la valeur paysagère » que l’on donnera à un point de vue. Rencontre d’un territoire et d’un regard. Ce regard participe pleinement à l’aménagement d’un paysage. Aussi, initier les élèves à cette dimension plus subjective est une manière de leur faire comprendre les enjeux contradictoires qu’il peut y avoir autour d’un territoire.
Le paysage n’est pas une notion reposante qui s’accommode de la contemplation passive.Tout paysage peut en effet être considéré à la fois, comme une réalité matérielle traversée par des valeurs et des représentations culturelles, comme un milieu de vie, comme le support d’une expérience de la sensibilité et comme un site appelant des transformations en lien avec les nouveaux outils scientifiques et de communication.

Un projet patrimonial, artistique et scientifique à dimension territoriale

Les réflexions menées par les élèves se concrétiseront par des recherches sur l’histoire des paysages autunois, de certains sites, de divers détails architecturaux. A partir de photographies réalisées par leurs soins, ils exprimeront dans le cadre d’un projet artistique mené par Martin Bruneau leurs propres représentations de ces territoires quotidiens.
L’ensemble de ces travaux alimentera, en partenariat avec l’office du tourisme, un parcours destiné aux touristes par l’intermédiaire de bornes numériques.

Un projet orienté vers le numérique

Avec l’apparition du web 2.0, Internet est devenu plus interactif : les touristes commentent la qualité des prestations touristiques, publient leurs photos et souvenirs de voyages, mettent en ligne vidéos et commentaires. 9 personnes sur 10 font confiance aux recommandations faites en ligne par leurs amis. Le consommateur prend petit à petit le pouvoir.
Internet a fait aussi son apparition sur le téléphone portable avec son cortège d’applications et de sites mobiles donnant naissance au phénomène du tourisme en mobilité : le "m-tourisme.

La technologie peut valoriser le patrimoine visible et immatériel. Les outils numériques peuvent devenir des outils de médiation, de recherches et de valorisation touristique.
S’inscrivant dans cette logique d’aménagement du territoire, l’office du tourisme du Grand Autunois-Morvan (OTGAM) a lancé au printemps dernier trois projets numériques, qui visent à offrir à l’office de tourisme davantage de compétences pour répondre aux besoins de son public. Un guide I-mobile va permettre aux touristes, randonneurs, promeneurs de disposer d’un site web mobile. A partir d’un smartphone ou tablette numérique, la personne pourra obtenir les informations demandées en temps réel.

La classe Sciences et patrimoine, en lien avec les différents acteurs culturels et économiques de la ville et du site de Bibracte alimenteront ce guide.

Les différents éléments architecturaux de la ville – éléments constitutifs du petit patrimoine ou plus connus comme les constructions romaines ou médiévales – seront analysés d’un point de vue historique en lien avec le programme d’histoire. Différents professionnels issus des services archéologiques de la ville (Mme Angélique Tisserand de l’UMR 6298) ou du centre archéologique de Bibracte interviendront pour expliciter les derniers apports de la recherche, apporter les compétences techniques. Le cours d’histoire-géographie fera également appel aux différentes archives départementales et communales et aux collections de la Société éduenne des sciences, lettres et Arts.
Loin de se limiter à une quête historique, il s’agira de questionner les représentations contemporaines de nos élèves. Des photographies réalisées par leurs soins, retravaillées avec l’artiste autunois Martin Bruneau, seront autant de créations intégrées aux différentes bornes numériques. Le côté "design " de ces productions sera conseillé par la classe des Métiers d’Arts du Lycée Bonaparte.

Livrées à la sagacité des visiteurs autunois, traduit en anglais et allemand, ce guide I-mobile pourra être amendé de nouvelles photographies, de nouveaux éléments au cours du temps, s’inscrivant par là même dans une perspective patrimoniale.

Article rédigé par l’équipe pédagogique de la classe Science et Patrimoine